Pendant la période du Covid, j’entame une licence d’arts plastiques à la Faculté des Arts, Lettres, Langues et Sciences Humaines d’Aix-en-Provence. Très vite, les conditions d’enseignement à distance, les cours pratiques limités à une semaine sur deux et un sentiment de décalage me font douter de ma place dans ce cursus. Pourtant, une simple option va bouleverser ma perception de l’art — et, plus largement, mon parcours de vie.
Cette option, c’est la photographie. Un médium que tout le monde connaît aujourd’hui, mais que je découvre alors comme bien plus qu’un simple outil artistique. À travers lui, je trouve une nouvelle manière de m’exprimer. Il ne s’agit plus seulement de capturer ce que je trouve beau ou précieux, mais aussi de transmettre un message, de donner à voir le monde à travers mon regard.
Je termine ma première année de licence avec la certitude de devoir prendre un autre chemin. En parallèle, je candidate au concours d’entrée de l’ETPA, une école de photographie à Toulouse. Mon petit portfolio, constitué au fil de cette première année, séduit le jury. J’intègre l’école et pars m’installer à Toulouse pour suivre cette formation intensive de deux ans.
Là-bas, je construis mes bases, aussi bien pratiques que théoriques, et me forme au métier de photographe. Je développe une approche polyvalente, curieux de tout et désireux d’élargir mes compétences. Petit à petit, ma vision s’affine, ma sensibilité s’affirme, et mon style photographique prend forme. Ce qu’il me manque encore, c’est l’expérience de terrain.
Durant mon cursus, plusieurs stages me permettent de m’immerger dans le monde professionnel, mais c’est surtout mon travail à l’agence d’Avignon du journal La Provence qui marque un tournant. Fraîchement sorti d'école, je décroche cette opportunité et découvre la photographie de presse, ou plutôt la photographie qui informe, qui raconte, qui interpelle — qu’elle soit brute ou esthétique. Ce travail éveille en moi une nouvelle passion.
À l’issue de ce contrat, je décide de me lancer en tant qu’indépendant. Je veux construire mon parcours à ma manière, continuer à apprendre, à expérimenter. On ne cesse jamais vraiment de se construire. Né photographe de rue, formé photographe, devenu un temps photographe de presse, je poursuis aujourd’hui ma route sans m’enfermer dans une catégorie précise.
Ce qui me guide, c’est ma touche personnelle : une prédilection pour les images sombres traversées de lumière. Et dans cette lumière, ce sont les gens que je cherche. Je crois que cette esthétique puise ses racines dans le théâtre — un univers que j’ai souvent eu l’occasion de photographier à Avignon, notamment durant mon passage à La Provence. Ayant grandi dans cette ville, il me semble naturel que le théâtre, consciemment ou non, continue d’influencer mon regard.